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Chambre 26 (Interdite aux garçons !)
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Chambre 26 (Interdite aux garçons !)
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Kaitin Laur
~*Apprentie protégée de Raediel*~

Hors ligne

Inscrit le: 07 Sep 2007
Messages: 224
Localisation: Tatooine

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Jour 2, clôture de Kaitin :
 
En quelques bonds sur les toits, Kaitin, accompagnée de Felicia dans ses bras, avait disparu, suivit non loin par le petit chat noir qu’elle avait adopté.
La nuit commençait à tomber. La jeune padawan s’était un peu inquiéter pour la petite miss chat qu’elle transportait dans ses bras. Elle s’était endormie entre temps, digérant sans doute son poisson. Mais Kaitin avait remarqué qu’elle n’avait rien dis. Peut être se sentait-elle mal ? Elle aurait pu le savoir en utilisant la Force, mais elle se refusa à utiliser cette méthode. Il y a parfois des choses que seule la personne concernée pouvait régler.
Toujours était-il qu’elle s’inquiéter pour Felicia. La jeune fillette devait être perdue dans ce monde étrange.
 
Les deux lunes éclairaient le ciel de leurs doux rayons lorsque Kaitin arriva à la terrasse du Mandalay Bay qui donnait dans sa chambre. En s’aidant de la Force, elle ouvrit la fenêtre qui donnait sur la pièce, et entra à pas de velours. Dans ses bras, la petite fille en rose dormait profondément, ronronnant parfois. Doucement, la jeune femme la déposa sur le lit central, où elle-même était censée dormir en temps normal. Pour le moment, elle avait dormi dehors. Cela serait encore et sans doute le cas cette nuit-ci.
Elle posa les draps et la couverture sur la fillette, puis estima qu’elle devait filer. Ses pensées étaient ailleurs. Malgré ce que lui avait dis Naashi, et qu’elle s’était calmée, Kaitin n’en restait pas moins inquiète.
Elle ne cherchait pas non plus à savoir ce qu’il se passait. Cela la rendrait folle.
En fait, elle ne voulait pas savoir comment tout s’était terminé. Elle avait peur. Vraiment peur. Ces deux personnes qu’elle aimait tant de façons différentes.
Et puis autre chose la tracassait. Elle ne savait pas quoi. L’accumulation de plusieurs choses à venir faisait monter en elle l’angoisse. Tant de choses s’étaient passées. Elle pensa à Felicia, qui devait être plus que perdue. La petite peluche avait toujours un sourire pour les autres, et savait toujours les faire rire, quoiqu’il arrive.
Kaitin riait toujours beaucoup lorsqu’elle jouait un tour à Wolfer. Elle avait l’impression que peu à peu, elle retrouvait une famille…d’innombrables frères et sœurs sur qui elle devait veiller. Leurs sourires, leurs chagrins aussi. Leur futur commun.
Elle se sentait si bien pourtant avec eux…alors pourquoi ce mal-être ?
 
*Je dois arrêter de penser à mes impressions. J’ai parfois peur du pouvoir que j’ai en moi. Je n’ai pas assez confiance, je sais bien. Ou peut être trop, je ne sais pas…*
 
Ses cheveux châtains volèrent avec le courant d’air de la pièce. Elle estima qu’elle devait partir pour le moment. Elle sortit de la pièce par la fenêtre encore une fois.
Elle s’arrêta nette lorsqu’elle passa le pas de la baie vitrée. Un frisson la parcouru. Sans comprendre, elle se retourna vers la petite peluche rose.
Une larme coula sur sa propre joue.
Pourquoi ? Comment ? Elle n’en savait rien. Elle se sentit mal un instant, et décida de s’en aller.
Pourquoi avait-elle l’impression que quelque chose d’horrible se préparait ?
Le baume au cœur, elle grimpa le long du toit, et sauta de maison en maison, filant dans la ville.
 
*Je dois être fatiguée pour pleurer sans raison.*

 
A suivre matin jour 3, d’ici quelques temps
 
[HRP] pas très long, mais toute seule, et surtout, que ça va continuer après, c'était juste un petit arrêt. RP fait en l’honneur de la peluche rose qui est partie…[/HRP]

_________________
Kaitin Laur, padawan de Tatooine rêveuse et mystérieuse...

Mer 12 Déc - 16:10 (2007) Visiter le site web du posteur MSN
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Mer 12 Déc - 16:10 (2007)
Naashi Krin
~*Hors-la-loi*~

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Inscrit le: 07 Sep 2007
Messages: 195
Localisation: Mos Eisley, Tatooine

Message Chambre 26 (Interdite aux garçons !) Répondre en citant
- Deuxième jour : Retour vers le soir -


La porte venait d'être claquée, laissant apparaître Naashi. Son teint, déjà un peu pâle, s'accentua un peu plus vers le blanc. Elle fut grandement rassurée de se retrouver seule. Pas de Kaitin, pas de boule de poil rose, rien que le calme et la tranquillité d'une pièce vide. Un soupir de soulagement fendit ses lèvres, pincées par une angoisse anticipée avant d'entrer.

« Bon ! C'est déjà ça ! Personne pour me stresser ou me forcer à sourire ! »

Elle observa d'un air absent les objets répartis dans la chambre, cherchant peut-être une occupation, quelque chose à faire pour ne pas avoir à se coucher. L'adolescente n'était pas fatiguée et avait peur de se retrouver encore seule face à ses pensées. Cependant rien ne se profila d'intéressant et un autre soupir se fit entendre.

« Je vais me coucher... Si quelqu'un vient je pourrais faire semblant de dormir au moins... »

S'observant dans le miroir, soupirant devant son état fripé, Naashi commença à se dévêtir en se rendant dans la salle de bain. Elle prit une douche des plus agréable après la chaleur de la journée, profitant même de l'heure tôt pour se laver les cheveux. Lorsqu'elle sortit de la salle d'eau, les cheveux presque secs attachés, elle chercha dans l'armoire ses vêtements de nuit et les revêtit. La fraîcheur de ces habits ainsi que la douceur des tissus lui sembla une bénédiction, un réconfort.

L'adolescente alla fermer les rideaux en raison des restes de rayons de lumière encore trop vifs. Puis, elle se glissa entre les draps blancs et neufs, changés pendant la journée par une femme de ménage. Le luxe de ce genre d'hôtel avait des bienfaits des plus plaisants.

Une fois allongée, son regard se braqua sur le plafond alors qu'elle soupira en se demandant combien de temps allait passer avant qu'elle ne s'endorme. Mais étonnamment pour elle, Naashi ferma juste ses yeux un instant et, sûrement en raison d'une fatigue inconsciente, elle s'endormit aussitôt.


HRP : Naashi rentre avant que Kaitin ne dépose Felicia...

- Fin du deuxième jour -


_________________
~~ Naashi Krin, Etudiante de Tatooine ~~
-> Toujours se relever, garder espoir, être soi et avancer <-


Jeu 13 Déc - 01:31 (2007)
Naashi Krin
~*Hors-la-loi*~

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Inscrit le: 07 Sep 2007
Messages: 195
Localisation: Mos Eisley, Tatooine

Message Chambre 26 (Interdite aux garçons !) Répondre en citant
- Troisième jour : Retour de la terrasse du café -


La pièce était calme, nettoyée il y a peu par les femmes de ménage, notamment les lits propres. Naashi était adossée à la porte, la tête penchée en arrière, les yeux clos, respirant calmement. Le temps d'arriver ici elle avait couru, mais maintenant elle se calmait petit à petit. Et ce calme, bien qu'elle n'y prenait pas garde, n'était en rien rassurant.

Ses yeux ne pleuraient plus et quand elle les ouvrit ils étaient secs, une lueur brillante de colère au fond. Son regard balaya la pièce d'un geste lent de la tête. Elle s'approcha de la table et passa un doigt sur une lampe dorée, puis sur un bibelot blanc. L'adolescente se stoppa devant une chaise où se trouvait la valise fermée de la féline.

Ses poings se serrèrent alors que la colère commença à monter en elle. Une colère sourde, travaillée par tous les évènements arrivés ces derniers jours. Naashi avait l'impression que tout le flot de ses sentiments tristes venaient de se déverser en même temps dans son coeur et que ce dernier n'arrivait plus à les contenir.

« Raaaaaaaaaaaaaah ! »

D'un geste, elle venait de balayer le bibelot blanc. Et maintenant elle reste là sans bouger, le bras encore levé. Sa respiration était tranquille, mais elle respirait fortement. Ses yeux se froncèrent devant son geste. Ce mouvement de colère la laissait à la fois perturbée et glacée. Sur le sol, la porcelaine blanche s'était brisée. Une autre impulsion eut raison de la lampe, mais celle-ci étant plus solide, elle se brisa à peine. Par contre la prise où se perdaient les fils électriques du mur fut arrachée, emportant avec elle une partie de la latte et un morceau de tapisserie.

Le soulagement ressenti lui fit du bien, beaucoup de bien. L'engrenage de la colère l'emporta et Naashi se mit à jeter au sol certains objets posés sur la table, avant de les piétiner, de taper dedans avec ses pieds. Puis elle en attrapa d'autres et les lança de toutes ses forces contre le mur, incrustant des débris dans l'épaisse tapisserie. Puis, une fois la table vidée de tous bibelots, elle s'y pencha, posant ses mains sur la surface marbrée, pour respirer et tenter de se calmer. Ses doigts se crispèrent et les jointures blanchirent sous la pression.

Mais l'adolescente ne se sentait pas sereine. L'amertume ne la quittait pas malgré ses tentatives pour adoucir sa rancoeur. Les yeux fermés, elle comprit que ce n'était pas fini, qu'il lui fallait plus pour se soulager. Et elle ne voulait pas lutter contre cette envie cette fois. Son esprit avait besoin de détruire des objets pour allé mieux, alors elle détruirait tous les objets de cette pièce jusqu'à satisfaction complète. S'il le fallait elle s'acharnerait sur les restes et les débris.

Lentement, elle se redressa, avisant l'autre table où de multiples objets luxueux traînaient aussi. Aucun sourire sur ses lèvres lorsqu'elle s'en approcha. Une statuette de dragon atterrit dans ses mains et la jeune fille le regarda longuement. C'était une statut assez jolie faite de cristal avec de multiples détails sculptés. Deux doigts attrapèrent une corne et d'un coup sec l'arracha, pareil pour l'autre corne et les épines dorsales de l'animal qu'elle brisa l'une après l'autre. Il ne resta alors plus qu'un gros bloc de cristal elle prit encore quelques instants pour l'observer d'un regard froid. Naashi se retourna pour lancer l'objet vers le mur opposé. Le cristal se dispersa en de multiples et minuscules morceaux dans un bruit de verre brisé.

Ce plaisir légèrement sadique ne lui suffit toutefois pas et elle recommença à massacrer le restant des objets de la table. L'un après l'autre, elle leur choisit une fin, certains finissant lancés contre un mur, certains étant fracassés contre la table et certains qu'elle laissait tombé au sol avant de les écrasés. La jeune fille ne semblait même pas se rendre compte que ses doigts se coupaient lorsqu'elle frappait les objets sur la table et que les débris trop proches écorchaient sa peau. De toute façon ces blessures étaient superficielles, à peine quelques coupures.

Puis arriva ce qui devait arriver... Il n'y eut au bout de peu de temps plus aucun objet sur la table. L'irritation s'accrut grandement quand elle s'en rendit compte et, dans un mouvement de colère inassouvie, elle tira sur les lourds rideaux, faisant tomber par la même occasion la tringle qui tomba juste devant elle dans un grand fracas. Un regard irascible apparut au fond de ses yeux.

« Ce n'est même pas solide ! » Grogna t-elle par mécontentement.

La déception était d'autant plus grande qu'elle aurait presque espéré un peu de résistance de la part de ses victimes. Assez pour au moins faire durer son plaisir de destruction. Mais là, il ne restait plus vraiment d'objets à pulvériser, si ce n'est quelques trucs sur les tables de nuit, les meubles et quelques tableaux accrochés aux murs.

Lâchant les rideaux qu'elle tenait encore, Naashi prit à deux mains la chaise et la frappa contre le mur. Des morceaux de bois éclatèrent. Puis, la valise de la féline l'exaspéra au plus haut point et elle la lança à travers la porte-fenêtre, brisant la vitre. Le sac s'ouvrit en cognant contre la rambarde et des habits s'éparpillèrent sur le balcon. La vision des affaires de Felicia, ainsi que le bruit incroyable fait par la vitre éclatée, fit l'effet d'une bonne douche froide à l'adolescente.

Les bras ballants, son regard embrasa le désastre de la pièce ravagée. Aucun remord ne pointait dans son coeur si ce n'est de ne pas pouvoir se défouler encore un peu. Elle observa ses mains et y constata les quelques coupures. Ses doigts se fermèrent et se rouvrirent pour vérifier que tout fonctionnait encore correctement. Un peu d'eau passé dessus dans la salle de bain lui permit de nettoyer les plaies. Pendant qu'elle se séchait les mains avec une serviette blanche, elle revint dans la chambre.

Une légère brise soufflait depuis la vitre brisée, faisant revenir les vêtements de la féline à nouveau dans la pièce. Posant la serviette tachée d'un peu de rouge sur son lit, Naashi s'en fut ensuite pour sortir sur le balcon. Le mouvement de la porte-fenêtre acheva les restes de la vitre encore accrochés au bois et ces morceaux s'éclatèrent au sol. Ce fut les derniers bruits de destruction entendus en raison de la colère passagère de l'adolescente aux cheveux noirs.

Debout sur le balcon, les mains posées sur la rambarde, Naashi observait maintenant la ville. Un sentiment confus l'animait. Perdue entre l'apaisement et le trouble, elle continuait de fixer l'horizon. La journée a été bien rude, mais, malgré la fatigue qu'elle ressentait à cet instant, elle savait que le sommeil se refuserait à son esprit. Tournant la tête vers l'intérieur de la chambre, ses yeux se posèrent sur le lit double vide. Un soupir lui échappa encore alors qu'elle baissa son regard au sol. Voilà qu'elle se faisait du souci pour Kaitin en plus.

Naashi releva la tête, fermant les yeux en offrant son visage au vent frais. Elle emplit ses poumons d'air pur avant de soupirer à nouveau. Doucement, elle rouvrit ses yeux pour reprendre sa contemplation tranquille du paysage.

« Je dois arrêter de me soucier des autres... Kaitin est assez grande pour se débrouiller seule... »

Plusieurs minutes se passèrent ainsi, sans qu'elle ne fasse un seul mouvement. Cependant, ce flegme apparent était complètement erroné. C'était un leurre, une illusion. Et alors qu'elle laissait tomber sa garde, que son esprit se détendait au fur et à mesure, cette boule de tristesse chassée temporairement se décida à resurgir pour enfin donner une juste mesure à sa puissance.

Soudain, ce fut comme si son coeur souffrait et elle s'écroula sur le sol, tremblante, ses mains appuyant contre sa poitrine douloureuse. Naashi serra les dents pour ne pas hurler tellement l'impression de sentir son coeur se fissurer fut forte. Et cette émotion vive, blessante et effrayante, la tortura d'autant plus que l'adolescente sentait presque que ce n'était pas elle qui pourrait maîtriser cette horreur.

Alors que des tremblements prirent ses mains crispées sur son coeur, elle se laissa tomber au sol, roulée en boule comme pour se protéger, empêcher son coeur de battre si fort. La pensée vague que ses muscles cardiaques ne tiendraient pas longtemps à ce rythme se forma dans son esprit et elle se força à se calmer. Malgré les larmes dues à cette peine, elle maîtrisa au mieux sa respiration, tentant de faire le vide dans sa tête. Et, alors que des sanglots étouffés sortaient encore de sa bouche, son corps, prostré sur lui-même, se protégeait instinctivement d'une chimère perdue dans son esprit.

Cela ne fonctionna pas et elle restait là, crispée par une douleur bien réelle pourtant. Alors Naashi chercha quelque chose pour s'y focaliser. Sa première idée fut de se diriger vers son amie, mais cela augmenta son malaise et un cri lui en fut arracher sous la surprise. L'adolescente ne savait pas comment combattre cette souffrance seule, car toutes les peines qu'elle avait pu supporter au cours de sa vie n'étaient rien comparées à l'amplitude que prenait celle-ci.

Désormais, toutes ses impressions prenaient des tournures démesurées qu'elle ne comprenait pas. Et la frayeur de tous ces sentiments nouveaux, apparus depuis qu'elle avait accepté l'invitation de Kaitin, achevait de la faire hurler tant de douleur que de peur.

Un autre malaise fit se replier un peu plus le corps de la jeune fille. Cherchant désespérément une manière de lutter contre cela, elle réfléchissait à des solutions, mais n'en trouvait pas. L'image furtive du désert s'imposa à son esprit et la jeune fille l'accrocha, l'amplifiant mentalement. Vaste espace sans vie apparente, loin de cette ville, loin des problèmes actuels. La chaleur des grains de sable chauffés par les soleils, la lourdeur ardente de l'air, la fraîcheur contrastant d'un léger vent frais. Et au milieu de tout cela, la solitude pour un esprit torturé.

Elle se trouvait maintenant au milieu de cette étendue de sable, seule et tranquille. La vue de cet espace fut comme un soulagement, calmant soudain sa respiration. Elle était allongée au milieu d'une dune et se mit assise. Son regard se promena sur les alentours. Tout était si tranquille autour de Naashi, le vent soufflait dans ses cheveux. Et, tandis que son coeur semblait enfin apaisé, elle eut un sourire soulagé.

Doucement, elle se leva malgré ses jambes encore fragiles, dépoussiérant ses vêtements des grains de sable. Puis elle avisa les environs, cherchant un repère qu'elle ne trouvait pas. Où aller exactement ? Pas à un moment son esprit ne se demanda ce qu'elle faisait en ce lieu. C'était juste logique qu'elle soit là.

La jeune fille marcha quelques pas et tomba soudainement. Son pied s'était accroché dans un élément solide. Elle rampa sur le sol pour voir ce que c'était. Devant ses yeux se décomposait une sorte de stèle étrange faite de pierre, comme un rocher sur lequel on aura gravé des symboles. Ses doigts passèrent sur les creux de ces signes retirant doucement le sable. Puis, quand elle se demanda ce que s'était, il n'y eut tout à coup plus de sable, juste une immense surface de pierre à perte de vue.

De plus en plus intriguée, l'adolescente se remit debout et tenta de lire ce qui semblaient être des mots gravés dans la roche. Cependant ce fut une bataille perdue tant les mots fluctuaient à chaque instant. Sans instructions précises, elle ne savait que faire de tous ces éléments, ni comment les déchiffrer. Alors, dans une idée subite, elle posa ses mains à plat sur la surface lisse. La surface qui semblait froide était en fait totalement chaude, mais non brûlante.

« Il ne faut pas avoir peur... »

Elle sursauta. Pourquoi avait-elle dit ça ? Maintenant la pierre était froide sous ses doigts et tous les signes avaient disparus. La roche s'était fissurée aussi, craquelant de plus en plus. Et Naashi vit avec horreur la stèle entière se briser et son corps tomba dans le néant.

Sa chute s'acheva dans l'océan. Elle réussit à remonter à la surface, mais avait du mal à nager n'ayant pas vraiment appris cette discipline. Et malgré tous ses efforts, sa tête coulait de plus en plus souvent. Puis, alors que l'eau envahissait ses poumons prête à la noyer, elle sursauta pour se retrouver sur une colonne de pierre. Allongée, reprenant sa respiration, entièrement mouillée, Naashi prit le temps de se remettre. Elle se sentait protégée sur cette colonne, présence familière ambiguë. Autour il y avait l'océan et la colonne avait deux socles à sa base.

Elle dénicha un escalier pour descendre, mais l'eau bloquait le passage. Pourtant elle voulait descendre, alors elle fit un pas sur la première marche. L'océan recula d'autant. Un autre pas et l'eau se retira encore d'une marche. Descendre l'escalier prit longtemps. Parfois elle devait attendre pour que l'eau recule, mais le liquide reculait toujours au final. En bas, elle retrouva la stèle de pierre, à nouveau bouillante, presque vivante avec tous les signes se mouvant sur elle. Cette fois, les symboles brillaient aussi par des touches de lumière changeantes, mais toujours dans des tons clairs. Mais ce n'était qu'un pallié, d'autres escaliers parsemés cette fois la surface, toutefois Naashi n'avait aucun accès à ceux-là. Elle était donc bloquée ici et pourtant elle sentait qu'elle était arrivée là où elle devait arriver maintenant.

Rien ne se passait plus et un soupir d'ennui échappa finalement à l'adolescente au bout d'une vingtaine de minutes. Quoique... Tant de temps s'était-il vraiment écoulé ? Rien n'était moins sûr car le temps lui semblait trop ambiguë. Imprévisible, ses jambes se dérobèrent et son corps se retrouva assis sur la pierre chaude. Une sorte de lassitude s'empara alors de son esprit.

« Pourquoi ? »

Et, alors que des larmes coulaient peu à peu, ses yeux se relevèrent pour voir comment remonté en haut de la colonne. Cependant, il n'y avait plus de colonne, plus d'escalier, sauf ceux pour descendre. Le ciel au-dessus d'elle était noir et sombre. Il n'y avait pas d'étoiles, néanmoins ce n'était pas vide non plus. Elle resta silencieuse en y voyant des images qu'elle connaissait, des visages et des situations de son passé. Certaines de ces visions la firent sourire, tandis que d'autres eurent l'effet inverse. Il y avait pourtant tellement de choses que son coeur avait oublié qu'elle en eut presque mal.

Une nausée violente la pris soudain et elle tomba en avant, ses mains empêchant sa chute en se posant à plat sur la pierre. Cela faisait mal... Si mal... Son esprit était comme attaqué par énormément de pensées en même temps et un cri de douleur mourut sur ses lèvres. Les symboles sur la pierre brillèrent plus forts, au même rythme que cette « attaque. » Les lumières se mouvèrent et emprisonnèrent ses mains avant de commencer à grimper le long de ses bras.

« Arrête ! Arrête ! »

La lumière, jusqu'ici nuancée de tons pastels, changea pour devenir rougeâtre, accentuant la pression sur ses mains, car Naashi avait tenté de les arracher à la pierre. Serrant les dents, elle n'eut plus d'autre choix que de subir tout ceci. Et les images défilèrent, mais aussi des idées, analyses minutieuses de presque tous ses souvenirs. Toutefois, elle n'arrivait pas à suivre le fil de toutes et resta juste là à attendre que cela passe. Puis quelque chose explosa dans son coeur, tout se stoppa et elle ne tombe sur le sol dans un bruit mat.

Couchée sur le ventre, la jeune fille respirait de manière saccadée, à demi-consciente. Une légère toux bloqua un moment ses réactions. Elle était très épuisée. Son corps était aussi trop lourd pour le bouger.

Une sorte de brume se leva soudain, à peine à quelques centimètres du sol. Son visage n'était même pas à moitié dans ce brouillard léger et froid. Et une sorte de conflit se fit entre la lumière, à nouveau vert pâle, et l'ombre humide qui tentait de s'étendre. Pourtant cette bataille lui déchira le coeur. Un instant elle eut envie de hurler aux deux de cesser de se battre.

Fermant ses yeux, Naashi tenta de faire le point dans ses pensées, notamment les nouveaux éléments qu'elle arrivait à déchiffrer, les brides d'idées que la pierre avait glissé en elle. Beaucoup de petites choses sans réelle importance en fait. Pourtant, alors que son regard se perdait à nouveau sur le décor de ce lieu, elle remarqua qu'elle se sentait bien mieux. Le brouillard s'était stagné et semblait avoir trouvé une petite place près de la stèle, ni trop près, ni trop loin, ni trop étendu, ni trop restreint. Dans un effort violent, elle se leva et observa de haut la situation. La jeune fille avait le sentiment que l'harmonie actuelle était précaire, trop précaire et peut-être même dangereuse.

Un silence plana, son regard enveloppa encore les lieux. Par un mouvement instinctif, elle regarda à nouveau vers le ciel où les images continuaient de défiler en boucle. Comme une sélection sembla s'opérer sur ces dernières, elle fronça les sourcils, intriguée. Et, alors que ses plus horribles souvenirs semblèrent emplir l'espace noir, une traction se fit sentir sur ses jambes. Baissant la tête, elle vit la lumière se déplacer à nouveau, grimper lentement le long de ses jambes et déjà au niveau de ses cuisses. Naashi resta calme et reprit sa contemplation des images malgré la douleur que cette vision opérait dans son coeur.

Pourquoi avait-elle cette impression de rater quelque chose ? C'était ses souvenirs et cependant un détail la turlupinait. Elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Elle ferma ses yeux verts et respira tranquillement. Une pensée insidieuse se forma, prenant une ampleur monstrueuse contre son gré. L'adolescente fronça les sourcils. Et, une fois qu'elle comprit ce qui voulait se faire comprendre, elle sursauta et offrit un regard écarquillé à ses souvenirs flottants au-dessus de sa tête.

« Mais... »

Naashi recula d'un pas sous le choc, rompant le contact avec la brume lumineuse sans que cette dernière n'oppose de résistance. Beaucoup de ses certitudes volaient en éclat si elle acceptait ce qu'elle venait de comprendre. Alors ils avaient tous raison ? Elle avait tort depuis si longtemps ? Non ! Elle ne pouvait pas l'accepter !

« C'est faux ! C'EST FAUX ! »

Elle s'écroula sur ses genoux, ses yeux hagards fixant les images dans un besoin maladif de chercher un sens contraire. Mais il fallait bien que la jeune fille avoue qu'elle se voilait la face depuis des années. Son regard se baissa un instant. Elle se sentait si mal à cet instant. Il lui était totalement impossible d'accepter cette idée.

Un sursaut la prit lorsque la lumière l'attaqua à nouveau. Elle commença à se débattre pour y échapper, mais c'était comme se débattre dans le vide. Là où se main frappait, elle ne rencontrait que du vide et pourtant ce qui l'entourait était bel et bien solide. La panique la gagna très vite. Après une lutte d'une dizaine de minutes, les larmes aux yeux, elle se laissa tomber par terre en hurlant.

« J'essayerai ! Je le jure ! J'essayerai ! »

Alors tout se stoppa aussi vite que cela avait commencé. Naashi chuta sur le sol froid et s'évanouit.


- Quelques heures plus tard -


Assise contre le mur, dans l'ombre de la haute armoire, la tête posée sur ses bras entourant ses jambes repliées, Naashi était silencieuse. On pouvait penser qu'elle dormait dans cette position, mais il n'en était rien. Son esprit était préoccuper par cet étrange rêve qu'elle venait de faire.

L'adolescente s'était réveillée allongée sur le balcon. Elle ne se souvenait même pas comment elle s'était traînée dans la chambre dévastée, tant son esprit était embrouillé. Une chose était certaine : Elle était fatiguée, mentalement fatiguée. Tout se troublait, les brides de souvenirs de son rêve lui échappaient au fur et à mesure de l'avancée du temps. Elle en avait oublié déjà la plus grande partie, confondant des détails avec d'autres, mélangeant les images.

Pourtant un détail restait, lui, omniprésent. Ce qui l'avait déboussolé, ce qui la travaillait, ce qui la perturbait le plus. Cette phase de son songe presque oubliée mais encore si présente. Et Naashi ne savait plus comment réagir exactement. Un frisson la parcourut puis elle releva la tête pour l'appuyer contre le mur. Son regard était vague, absent de cette pièce, passant lentement sur les innombrables morceaux brisés sur le sol. Remarqua t-elle que sa colère précédente avait dépassé de loin le stade de l'habituel ? Peut-être... En tout cas, elle poussa un soupir.

Lentement, la jeune fille se leva en prenant appui sur l'armoire avec sa main gauche. Puis, elle s'approcha du grand miroir posté dans la chambre. Elle observa son reflet dans un mutisme de réflexion. Rien de bien étonnant dans ce qu'elle voyait, juste elle. Pourtant elle plissa les yeux pour chercher un détail nouveau, différent. Cependant Naashi ne distingua rien de particulier. Et elle resta sans faire le moindre mouvement.

Son bras se leva et, du bout des doigts, elle effleura la surface lisse. L'adolescente se sentait étrangement apaisée. Surprise, elle remarqua que les traits du reflet étaient décontractés, sereins. Et elle eut envie de sourire à la fille dans le miroir.

« Oui... Si c'est vrai... »

Naashi secoua la tête, comme cette idée lui semblait soudain incongrue et ridicule, avant de se ressaisir et de méditer un instant, la main droite posée sur son menton.

« Sauf que... »

Un soupir fendit encore ses lèvres et elle eut envie de prendre l'air. C'est donc sur le balcon qu'elle se retrouva de nouveau, le panorama de la ville s'offrant à ses yeux penseurs. Tout semblait si calme... Enfin calme si on oubliait la multitude de la foule qui s'amassait dans les rues et au complexe sportif pour assister à la seconde course. Un grouillement de personnes, d'immenses fourmis donnant vie à chaque artère de la ville comme le sang circule dans les veines. Et pourtant, Naashi ressentait une certaine tranquillité à assister à ce spectacle.

Chacun de ces habitants ou vacanciers avait une vie différente, tous avaient des soucis, des joies et des peines. Mais un lien les unissait tous ! Et c'est la découverte de la Force qui avait tant bouleversé la vie de la jeune fille. La vision de son environnement se devait de changer pour s'ajuster au peu qu'elle avait appris depuis quelques jours. Sauf que cela n'était en rien facile et Naashi se surprit à se trouver déjà essoufflée alors que la course commençait à peine.

Il lui avait dit être maintenant rassuré à son sujet. Et elle eut un besoin de hurler qu'elle réfréna en fermant fortement les yeux. C'était ridicule ! Comment pouvait-on juger les gens en une discussion ? Maintenant elle chicanait si fort que ses poings se contractèrent au point que ses jointures en devinrent blanches. Il lui fallut peu de temps pour se calmer à nouveau. Puis, l'adolescente retourna dans la chambre, se jetant sur l'armoire pour y fouiller. Elle ne se calma que lorsqu'elle le vit, bien protégé au milieu de ses vêtements.

« J'en fais ce que je veux... C'est le mien... »

« Peut-on se tromper sur les gens ainsi ? »

Ses yeux croisèrent sa moue sceptique dans le miroir. Reposant le verre offert par Wolfer bien à l'abri, la jeune fille s'appuya contre les étagères pour réfléchir. Est-ce vraiment elle qui se trompe ? Kaitin et Wolfer... Cela faisait déjà deux personnes prêtent à l'aider et ce genre de coïncidences n'étaient pas anodines. De plus, cela rejoindrait étrangement les conclusions de son rêve...

« Ce que j'ai vu dans mes souvenirs... Alors ce ne serait pas de ma faute vraiment ? Je me demande... Aurais-je pu la sauver ? »

Et elle sursauta comme la réponse négative lui apparut si évidente.

« Mais je crois... J'ai l'impression de l'avoir su... Si je n'y étais pas allé ? Si j'avais été plus rapide ? Si... »

Elle resta de marbre soudain. Sa voix se fit glaciale.

« Mais c'est ridicule ! »

Un coup de poing s'abattit sur l'armoire.

« Faire des suppositions ne changera pas le passé ! »

Une lueur un peu plus dur s'anima dans ses yeux, une colère tournait contre elle-même.

« Pourquoi tout le monde me pardonne et que moi je ne peux pas ? POURQUOI ?! »

Sa voix se brisa aussi vite qu'elle était montée.

« Parce que j'étais l'aînée... Parce que c'était ma petite soeur que j'aimais... Parce qu'elle souriait tout le temps... Parce qu'elle me pardonnait tout... »

Un silence s'installa.

« Parce que tu m'aurais pardonné cet accident si tu avais survécu... »

« Tu aurais voulu faire quoi ? Vous étiez si jeune, si naïve. Vous ne pouviez pas savoir le danger et tu ne pouvais pas éviter à cette maison de s'effondrer. »

Un coup de poing n'aurait pas eut un effet plus frappant. Naashi se mordit les lèvres. De toute façon, elle n'avait pas le choix. Une promesse est une promesse. Un léger rire se fit entendre.

« Parce que les rêves nous ouvrent les yeux parfois... »

Elle pointa un doigt sur le miroir.

« Toi ! Va falloir que tu changes un peu ! »

Involontairement, elle vit dans l'armoire le fourreau de ses armes. S'approchant, l'adolescente fit lentement glisser l'une des lames et l'observa longuement. Ensuite, elle attrapa le fourreau et l'accrocha dans son dos avec la bretelle. La sensation était bizarre et nouvelle. Roulant des épaules, elle tenta de positionner au mieux l'arme pour ne pas se sentir trop dérangée. Une fois cela fait, elle s'analysa dans le miroir et loucha vers le second katana. Jugeant que faire ses premiers essais avec une seule lame était amplement suffisant, elle se contenta de hausser les épaules à son reflet.

Sa main droite empoigna la poignet et elle tira un coup sec pour dégainer le katana. Mais, elle ne maîtrisa pas son geste et l'arme lui échappa des mains pour s'écraser au sol dans un bruit métallique.

« ... »

Naashi resta sans bouger, fusillant du regard le sabre. D'un mouvement, elle le ramassa et le replaça dans le fourreau. Sa décision fut d'y aller lentement, le temps de s'habituer à ces gestes. Donc, sa main se plaça à nouveau sur la poignet et, cette fois-ci d'une impulsion modérée, la lame glissa sans un bruit. Toutefois, la fin de sa performance se finit avec un léger déséquilibre et elle faillit se casser la figure.

Cela ne la découragea pas et elle prit soin de renouveler ses essais plusieurs fois. Au final, elle devait avouer que ce simple geste n'était pas facile à faire, mais qu'elle s'améliorait. Le dérisoire se trouvait dans le fait que dégainer un sabre était loin d'être aussi difficile que de l'utiliser. Or, la jeune fille ne pouvait pour le moment pas encore apprendre à s'en servir, du moins pas seule.


HRP : Bah il m'en aura pris du temps ce rp et je suis contente de l'avoir enfin fini ^^
Mazette ! J'ai battu mon record O_o : 8 pages Word et demi... Quelques 4 448 mots...


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Jeu 27 Déc - 01:33 (2007)
Naashi Krin
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Message Chambre 26 (Interdite aux garçons !) Répondre en citant
- Encore un peu plus tard -


Un léger sursaut la fit lâcher le katana qui s’écrasa au sol dans un bruit mat, atténué par la moquette épaisse de la pièce. Par réflexe, elle fit un pas en arrière, ses pieds s’enfonçant dans l’épaisse moquette. Cela faisait déjà presque une heure que la jeune fille continuait de faire et refaire les mêmes gestes. Le rythme imposé à son corps empêchait son esprit de trop réfléchir. Son environnement se faisait oublier ainsi, dans cette mécanique cadencée.

Passant nerveusement une main dans ses cheveux, détournant les yeux vers le panorama extérieur offert à sa vue par la fenêtre, Naashi soupira. Lassée de ces mouvements identiques, elle avait tenté de modifier un peu cette régularité en mimant une fente vers l’avant, le katana tenu à deux mains. De mauvais souvenirs s’étaient alors imposés à son esprit : La résistance faible d’un corps et le sang de May coulant à nouveau sur la lame.

Les doigts de pieds de l’adolescente gigotèrent entre les mailles hautes de la moquette. Quelques instants auparavant, elle s’était déchaussée pour être plus à l’aise. Les yeux fixés sur l’horizon, elle repensa à ce combat. Après tout, cette femme n’aurait pas eu de pitié non plus et elle n’avait en soi aucune compassion, aucun respect pour les vies des autres. Naashi n’avait fait que se défendre et se refusait à culpabiliser pour cet acte. Ramassant le sabre tombé au sol, elle se mit à l’observer attentivement. Est-ce cette lame ou sa jumelle qui avait percé la chair de cette femme ? Ses doigts s’attardèrent sur l’acier, lentement pour éviter de se couper. Aucune trace. Rien pour désigner la lame coupable de ce crime.

S’entraîner, s’entraîner encore… Comme un besoin compulsif ! Sans pour autant en comprendre le sens ou la raison, la jeune fille en ressentait la nécessité. Mais elle était seule et ne se voilait pas la face de réussir à apprendre quelque chose ainsi.

Un léger mouvement du bras fit fendre lentement l’air au katana. Son geste était incertain et elle grimaça. Naashi changea la position de ses doigts et refit le même mouvement. Cette fois-ci l’effort demandé à son poignet fut moindre et le geste fut donc plus souple. Divers essais plus tard, elle trouva encore une meilleure prise en main de l’arme. Machinalement, elle fit une série de mouvements, tentant quelques enchaînements sur une cible invisible. Les pieds dansant sur la moquette, l’adolescente oublia totalement la notion du temps. Près d’une heure encore passa ainsi, juste entrecoupée de quelques pauses pour reprendre son souffle.

Un pas en arrière de trop, ses jambes se prirent contre le lit et Naashi tomba en arrière sur le matelas. Aucune envie de se relever, elle resta allongée sur le dos, cherchant à calmer sa respiration un peu trop haletante. L’un de ses bras reposait sur son ventre et l’autre ne lâchait pas le katana. Son regard se perdait au plafond, observant les imperfections et autres détails perceptibles. Un jeu qu’elle faisait souvent, enfant, lorsqu’elle s’ennuyait dans sa chambre.

Le ballet d’un moustique, minime sur le fond clair mais repérable, attira son attention. En se concentrant bien, l’adolescente pouvait même percevoir le bruit que l’insecte faisait en volant. Créature insignifiante, passant inaperçue, souvent méprisée par ce qu’elle implique, elle n’en était pas moins dotée de cette étincelle qui lui permettait de vivre. Cependant, par milliers, ces moustiques sont exterminés à travers la galaxie, nuisibles peu désirés.

A une échelle plus grande, les créatures dotées de raison tels que les humains et autres extraterrestres sont pourtant comparables à des insectes. Il n’y avait pas vraiment de différences à y regarder de plus près. Chacun vit son quotidien selon sa condition. Les moustiques se nourrissent et se reproduisent. C’est le propre de toutes les créatures vivantes. La survie de l’espèce, sa propre survie. Car la vie est un cadeau que l’on peut perdre si rapidement…

Quel était ce droit que l’on se prend de choisir quelle créature mérite de vivre ou non ? Le cycle est immuable. Chacun y a sa place et son importance. Pourtant Naashi n’arrivait pas à se reprocher son implication dans la mort de May. En soi, il était étonnant qu’elle se soucie plus du sort de ce moustique que de celui de cette femme. Un sourcil se haussa à cette constatation. May n’avait plus rien d’un être humain méritant de vivre. Et un tel dénigrement de la vie, la manière dont elle et ses amis se moquaient de ce cadeau, leur façon de la retirer sans raison, pour le plaisir, tout cela la révoltait.

La pièce était tranquille, seul le vent venait bouger de sa force invisible quelques éléments de la chambre. Le moustique s’était approché, Naashi l’avait perdu de vue. Toutefois, lorsqu’elle sentit une légère piqûre sur son bras droit, elle sut que c’était lui et, sans une hésitation, abattit sa main gauche à l’endroit piqué. Sur sa paume, l’insecte écrasé venait de cesser de vivre. La jeune fille soupira.

Doucement, l’adolescente se leva du lit et, après avoir remis le katana dans son fourreau accroché à son dos, se rendit dans la salle de bain. Elle farfouilla un peu dans les tiroirs pour dénicher une crème apaisante contre les piqûres d’insectes. Le passage de la crème sur la plaie déjà légèrement gonflée lui fit immédiatement du bien, même si elle se moquait assez de cela. Les moustiques de Tatooine, elle en avait l’habitude.

S’approchant de l’une des fenêtres de la pièce, Naashi l’ouvrit et observa la ville. Le vent faisait voleter ses cheveux et apaisa son visage en une douce caresse. Elle ne savait que faire à cet instant. Une sourde angoisse lui donnait envie de rester dans la chambre, comme une… Protection. Mais une protection contre quoi, elle n’en savait absolument rien.

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Dim 13 Jan - 03:50 (2008)
Naashi Krin
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Message Chambre 26 (Interdite aux garçons !) Répondre en citant
Accoudée à la balustrade du balcon de la chambre, Naashi gardait ses yeux rivés sur la grande ville, légèrement perdue dans ses pensées. Son esprit était rempli d’idées qu’elle n’arrivait pas à cerner réellement et son regard scrutait l’horizon à la recherche d’une éventuelle réponse. Mais que pouvait-elle voir pour comprendre son trouble intérieur ?

La lumière des soleils laissa soudain place à une obscurité étrange. Déjà ce fut si soudain que l’adolescente mit quelques secondes à comprendre le changement, clignant des yeux étonnés. Puis ce fut des cris, des hurlements dans l’hôtel et dans la ville. La surprise de cette nuit tombée en plein jour. Tout était sombre, plongé dans le noir. Levant les yeux au ciel, Naashi écarquilla les yeux à la vue de deux éclipses camouflant les deux astres lumineux. C’était quasiment impossible que cela se passe ainsi. Aucune éclipse n’était prévue et encore moins une double éclipse !

Le vent se mit à souffler un peu plus fort, balayant froidement les cheveux de la jeune femme. Avec l’obscurité tombait vite le froid et un frisson parcourut les épaules de Naashi, à peine vêtue de son débardeur et de son pantalon léger. Les mains accrochées à la rambarde se crispèrent. Les yeux fermés, elle écoutait les cris de plus en plus espacés. Puis, quand elle réouvrit ses yeux une dizaine de minutes plus tard, ce fut pour voir les néons et les lumières de la ville s’allumaient les une après les autres. La surprise passée, et voyant que la nuit continuée, les gens allumaient les lumières dans les maisons et les appartements. En bas de l’immeuble, elle pouvait distinguer des formes vagues de personnes, apeurées et perdues, scrutant le ciel, s’interrogeant sur ce phénomène.

L’atmosphère était tendue. Naashi se décida à rentrer dans la chambre, après un dernier regard curieux et inquiet au ciel sombre. Son premier réflexe fut de se rentre à l’interrupteur le plus proche pour allumer l’éclairage. Une lumière diffuse lui permit enfin de voir correctement son environnement. Se rendant à l’armoire, elle en extirpa sa nouvelle cape légère qu’elle mit sur ses épaules pour se protéger du rafraîchissement. Du bruit, comme des pas sur du verre brisé ainsi qu’une voix timide se firent soudain entendre et elle se retourna.

« Naashi… »

De grands yeux noirs la fixaient avec un air candide. Tenant la poupée vêtue de bleu, la poupée qui lui avait coûté la vie, sa sœur la regardait. Son air était triste, pas un sourire ne se dessinait sur son visage. Elle portait la robe blanche du jour de sa mort, sans aucune trace de sang ou de déchirure. Dans ses cheveux se trouvait même le petit nœud de son souvenir.



« Naashi… »

La même voix enfantine que son esprit avait presque oublié. La même manière de prononcer son prénom.

« Pourquoi tout il est cassé ? »

Le regard de l’adolescente se durcit et une neutralité froide se peignit sur son visage.

« Qu’est-ce que tu fais là ? »

La petite fille lui lança un regard surpris et peiné.

« Mais Naashi… »

« QU’EST CE QUE TU FAIS LA ? »

La gamine eut un sursaut au cri de sa sœur, lâchant la poupée qui s’écrasa au sol parmi les débris de verre. Des larmes pointaient au coin de ses yeux et elle se mit un peu à trembler.

« Pourquoi t’es méchante avec moi ? » Murmura Naadir en se baissant pour ramasser son jouet.

« Parce que tu ne devrais pas être là ! » Répondit l’adolescente d’une voix hostile.

La petite fille se mit accroupie et serra la poupée de toutes ses forces.

« S’excuse moi… Je sais pas le pourquoi… Je sais pas où ce que je devrais être… »

Naashi resta un instant à regarder sans broncher sa sœur qui pleurait doucement. Cette dernière ne s’était pas assise par terre en raison des débris, mais dans les cheveux de la poupée se trouvaient quelques fragments de verre dont un morceau assez épais qui fit une écorchure à la main droite de la petite fille. D’une enjambée, l’adolescente jura avant de l’attraper par le poignet pour l’emmener dans la salle de bain.

« Ca ne va pas de jouer au milieu du verre cassé ! Maintenant tu saignes ! C’est malin ! »

Dans un silence tendu, l’aînée attrapa de quoi la soigner. Accroupie devant sa sœur, elle vérifia bien qu’il n’y avait pas de verre dans la plaie, puis elle y passa du coton imbibé de désinfectant pour bien nettoyer la blessure. Toutefois quand elle voulut mettre un sparadrap dessus, Naadir rouspéta.

« Je veux pas ceux-là ! Je veux les autres ! »

Et elle tendit sa main vers l’armoire où l’on distinguait une autre boîte de pansements présentant des modèles spéciaux pour enfants avec des dessins de petits animaux dessus. Un grognement se fit entendre, mais Naashi se leva pour prendre la boite et attrapa un sparadrap au hasard avec résignation.

« Pas celui-là ! Je veux avec le chaton ! »

La jeune femme prit sur elle pour ne pas s’énerver. Farfouillant dans la boîte, elle trouva enfin un modèle avec un chat mais reçut un cri d’indignation.

« C’est pas le même que la boite ! Je veux celui de la boite moi ! »

Un regard consterné répondit à cet ordre. Alors Naashi prit la boite et en vida le contenu sur le meuble.

« Bon ! Tu n’as qu’à choisir ! »

Le doigt sur la bouche dans une attitude concernée, la fillette se mit à les observer intensément, retournant ceux qu’elle ne pouvait pas bien voir, prenant dans sa main ceux qu’elle voulait mieux étudier. Lorsqu’elle trouva l’objet de sa convoitise, elle lui tendit d’un air fier. Naashi l’attrapa et lui mit sur la plaie en soupirant. Sa petite sœur regarda avec une joie non dissimulée sa main ornée d’un beau pansement. Mal à l’aise, l’adolescente s’éloigna un peu sous le prétexte de devoir ranger les ustensiles utilisés.

C’était sa sœur, c’était sa voix, c’était son odeur même ! De plus, Naashi reconnaissait même sa présence, son aura. Cependant, quelque chose n’allait pas ! Déjà il y avait le fait que cette dernière devait être morte. Pourtant elle était là, tangible, vivante et vulnérable aussi puisqu’elle avait saigné. Et des questions venaient à l’esprit de l’aînée.

« Naadir, comment tu m’as reconnu ? »

« Que tu dis ? »

C’était logique que sa sœur ne comprenne pas sa question.

« J’ai grandi, beaucoup grandi. Toi tu ne m’as pas vu grandir. Tu es toujours aussi petite. Alors comment tu m’as reconnu vu que je ne suis plus pareille ? »

« Bah je sais pas… Je le sais c’est tout… »

Il était clair qu’elle n’en tirerait rien de plus. Un soupir se fit entendre et l’adolescente se leva pour retourner dans la chambre, suivie de près par la fillette qui jouait avec sa poupée en sautillant. Cela exaspéra Naashi.

« Mais ne joue pas ainsi ! Y’a des débris partout ! Va t’asseoir sur le lit pour ne pas te blesser ! »

« Lequel ? »

« Le mien. »

« C’est lequel le tien ? »

« Le plus petit. »

Naadir obtempéra tranquillement et s’amusa sur le lit sans faire trop de bruit. L’aînée retourna sur le balcon pour observer les environs, un air neutre sur le visage. Il suffisait d’attendre. De toute façon, seule elle ne pouvait rien faire.


HRP : Merci à Wolfer de m'avoir rappeler que j'avais oublié de poster ce rp...

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Sam 26 Jan - 20:13 (2008)
Naashi Krin
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Message Chambre 26 (Interdite aux garçons !) Répondre en citant
Les yeux rivés sur le paysage de la ville plongée en pleine nuit, Naashi ne savait plus que penser de la situation actuelle, ni que faire. Elle avait cette impression d’assister à une situation plus que critique, de ne savoir quoi faire et, pire que tout, d’être seule. Son regard se porta un instant sur sa sœur qui jouait tranquillement sur son lit. Affreusement seule.

Les morts ne reviennent pas à la vie. Qu’importe que Naadir soit présente maintenant, l’adolescente ne se faisait pas d’illusions. Les cadeaux de ce genre sont souvent empoisonnés et sa sœur lui sera à nouveau enlevé. Avec qui pourra t-elle partager ce fardeau ? Pas ses parents en tout cas ! Elle se voyait mal aller leur dire que leur enfant décédé est revenu à la vie, mais que sa survie n’était pas probable. De quoi leur briser le cœur une seconde fois alors que leur deuil est fait depuis des années !

Naashi se laissa replonger dans cette espèce de mélancolie, oubliant doucement son environnement. Elle réfléchissait et cela même si aucune solution ne semblait se décider à se pointer dans son esprit. L’irréel des circonstances la laissait à peine perplexe. L’adolescente se demandait surtout ce qu’il se cachait derrière ce retour inattendu de sa sœur censée être morte.

Soudain, elle ressentit une traction sur sa jambe et baissa les yeux. Ses doigts crispés autour du tissu de son pantalon, Naadir observait avec une certaine angoisse vers l’intérieur de la chambre. Suivant son regard, la jeune fille rencontra deux yeux qu’elle avait déjà vu quelques jours plus tôt. Des yeux presque violets qu’elle ne pourrait pas oublier. Un regard hautain, froid et ironique.

*Elle…*

En fait, cela ne l’étonnait pas trop non plus. Sa sœur était là à s’accrocher à son pantalon, alors pourquoi cette femme ne serait pas là aussi ?

« Naashi… La dame elle me fait peur… »

« Je sais… Va dans la salle de bain s’il te plaît… »

« Mais… »

« Pas de mais ! Tu y vas et tu attends ! » Naashi se tut, puis ajouta un autre ordre. « Tu ne sors pas ! Même si tu entends de drôles de bruits ! C’est clair ? »

La fillette croisa le regard de sa grande sœur, fit un léger signe de tête et se rendit, en serrant sa poupée, dans la pièce voisine sans plus ajouter d’objection. Les deux femmes restèrent l’une en face de l’autre. May se tenait de façon nonchalante contre le battant de la porte d’entrée de la chambre, les bras croisés, un sourire narquois aux lèvres.

*Mais depuis quand est-elle ouverte cette porte ?* Fut la première pensée de Naashi.

L’adolescente ne voulait pas le montrer, mais se retrouver devant cette femme lui donnait la nausée Ce souvenir morbide l’avait hanté depuis son retour de la mission, et, maintenant, en face de May ressuscitée, Naashi se construisait un masque. Elle ne voulait pas lui laisser le plaisir de voir sa surprise. Car, surprise elle l’était, même si elle s’y attendait un peu en raison du retour de Naadir. Croisant les bras pour se donner une contenance, l’adolescente lança un regard interrogateur à la femme aux cheveux argentés.

May perdit brusquement son sourire et se redressa. Ses longs cheveux argentés suivirent le mouvement. Il n’y avait pas à dire, elle était toujours aussi jolie. Un air cruel s’afficha sur son beau visage.

« Tu as abîmé mon corps parfait la dernière fois ! »

Naashi ne put s’empêcher de tressaillir. Cette voix était si froide, annonciatrice d’une colère sous-jacente. Les sensations et sentiments ressentis lors de la mission, pendant son premier combat, lui ressurgirent d’un coup. Elle ne devait pas se laisser submerger. Ainsi, en réponse, l’adolescente adressa à May un regard noir et ironique. Pour le moment, elle ne pouvait parler sinon sa voix tremblante laisserait filtrer cette peur qu’elle dissimulait.

D’un geste assuré, l’argentée dégaina son katana, toujours son sourire cruel sur le visage. Les yeux de Naashi se baladèrent du bout de la lame jusqu’à la poignet puis se reporta sur le visage de celle qui, visiblement, avait choisi d’être son ennemie. Sans la quitter des yeux, l’adolescente avança pour arriver au niveau de l’armoire et sortit son propre katana. L’arme qui lui avait servi à s’entraîner traînée sur le sol et elle avait jugé trop risqué de se baisser pour la ramasser, car cela laisserait une trop grande ouverture à sa rivale.

La tension que dégageait la jeune fille ne pouvait être ignorée par May. Son émoi, malgré ses tentatives pour le cacher, était en effet trop visible. A commencer par le tremblement de ses mains lorsqu’elle attrapa l’arme, mais aussi à la manière dont elle sortit maladroitement la lame de son fourreau. Fourreau qui tomba au sol tant Naashi était nerveuse. Le regard de la morte se fit mi-amusé mi-consterné.

« Mais comment quelqu’un comme toi as seulement réussi à me tuer moi ?! »

Se mordant la lèvre, l’étudiante détourna légèrement le regard d’un air gêné.

« Il y avait une bonne part de hasard dans cette histoire… »

May gloussa, ce qui reporta l’attention de la penaude sur elle.

« Ca je n’en doute pas ! Mais… » L’argentée indiqua son intention de démarrer le combat en se plaçant fermement sur ses jambes. Ses deux mains agrippèrent fermement la poignet du katana, la lame élevée à hauteur de son visage. « Cette fois-ci, tu n’auras pas la chance de ton côté… »

Le moment que redoutait la débutante allait arriver et elle tenta de se positionner aussi en vu de l’affrontement. Cependant, elle n’arrivait pas vraiment à se décrisper. Rajoutons qu’elle n’avait aucune réelle idée de la manière dont il fallait se placer dans ce genre de situation. Elle se contenta de se camper sur ses pieds fermement. Une sourde colère avait pointé devant tant d’arrogance. Toutefois, si sa fierté se sentait blessée, sa raison lui disait que, malgré tout, May n’avait pas tort.

Pendant le dernier combat, Naashi avait surtout profité d’une faille ouverte par Kaïton. En fait, elle n’avait fait que pousser le katana vers le ventre de son ennemie, découvrant pour la première fois cette étrange sensation lorsqu’une lame s’engouffre dans de la chair. Puis elle se souvint du rouge, la couleur du sang qui lui avait giclé dessus. Ensuite, une sorte de trou noir dans son esprit jusqu’à la baffe donnée par Kaitin.

Un éclair de lucidité frappa soudain son esprit et l’adolescente se reconnecta à la réalité juste à temps pour se jeter sur le côté et éviter le coup qu’allait lui porter May. Tombant sur le lit, elle dut encore esquiver un second coup en roulant sur sa gauche. Ce fut plus un réflexe qu’autre chose.

Les deux ennemies étaient si proches à ce moment-là. Pourtant elles se figèrent quelques secondes. Naashi observait avec des yeux effarés la lame enfoncée dans le matelas juste à ses côtés, à même pas quinze centimètres. Ses pensées se bousculaient dans sa tête.

*Eventrée… J’aurais pu mourir… Mourir…*

Placée au-dessus d’elle, May l’avait coincée. Il ne lui fallut que très peu de temps pour ressortir le katana et le brandir à nouveau vers la jeune fille. Cependant, dans son mouvement, l’argentée laissa une légère ouverture qui permit à Naashi de décoincer ses bras. Ses mains se placèrent sur le buste de sa rivale et la poussa de toutes ses forces pour se dégager. Déstabilisée, May fut projeter contre l’armoire, mais elle se rattrapa sans trop de mal.

Pour se protéger, l’étudiante se renversa de l’autre côté du lit, mince protection à bien y réfléchir. Il s’agissait surtout pour elle de reprendre ses esprits et un minimum contenance. La séparation créée par le lit lui permettait en effet de bien visualiser l’ennemie. Cette dernière était toujours aussi calme, le calme effrayant de quelqu’un qui sait l’issue du combat en sa faveur. De son côté, Naashi était peu sûre de ses capacités, perdue aussi face à tant de sang-froid alors que son cœur à elle battait trop vite.

*Ce n’est pas possible…*

La différence d’aptitudes était tellement visible.

*Je ne vais pas y arriver…*

Plusieurs minutes silencieuses passèrent. Seules les respirations des deux femmes se faisaient entendre dans la pièce. May ne bougeait pas du tout, se contentant de l’observer d’un air impassible. Cela augmenta énormément la nervosité de la jeune fille, surtout quand le sourire de l’adversaire s’accentua sans raison apparente. Il allait se passer quelque chose et impossible de savoir quoi exactement. Un frisson la parcourut et ce fut la faille attendue.

Attrapant une lampe juste à ses côtés, la guerrière aux cheveux argentés la lança d’un geste rapide sur Naashi qui eut un sursaut sous la surprise. Dans un réflexe insensé, elle tenta de s’enfuir vers la porte. Toutefois, May fut plus rapide et l’attrapa par son débardeur pour la balancer contre le mur. La tête de l’étudiante frappa la surface bordée de tapisserie. Son cri de surprise fut étouffé par le choc puis elle s’écroula sur le sol. Un murmure de douleur sortit de sa bouche lorsqu’elle voulut se redresser. Sa tête bourdonnait et un tremblement rendait ses gestes incertains. En appuyant sa main droite contre le mur, elle tenta de se ressaisir. Son autre main se posa contre son front pour soulager la douleur. Un coup de pied la frappa dans l’estomac, la faisant s’écrouler encore par terre. Les paumes de ses mains s’écorchèrent dans les débris de verre restant de sa précédente crise de colère.

Un visage de glace, sans aucun sentiment, était visible chez l’argentée. Son sourire avait disparu, seul lui restait un air sérieux et impassible. Elle glissa ses doigts dans les cheveux de Naashi et les caressa doucement.

« Pauvre chose… » Déclara t-elle d’un ton morne.

Cette tendresse soudaine et décalée finit d’achever le sang-froid de la blessée. Lorsque May la redressa un peu en la tirant par les cheveux, elle poussa un cri de douleur et de surprise. Elle voulut la faire lâcher prise et ses mains se refermèrent autour des poignets qui tenaient sa chevelure. La bouche pulpeuse s’approcha de son oreille et, d’une voix froide et flegmatique, elle lui ordonna :

« Supplie-moi ! »

Les yeux verts se fermèrent. Supplier ? Pour que ça s’arrête ? Ridicule ! Il était même certain que cela ne stoppera pas la haine de cette femme. Tout ce qu’elle voulait, c’était obtenir la satisfaction de la voir se plier à sa volonté, voir son ennemie montrer son infériorité. Mais aucun son ne sortit des lèvres pincées de la jeune dominée. Elle serrait les dents à s’en faire mal pour ne pas crier. Par fierté peut-être un peu, par douleur beaucoup. Par réflexe ses bras enserrèrent sa taille à l’endroit où le dernier coup l’avait frappé.

Il y eut un long silence, seulement brisé par le bruit des respirations et par les bruits extérieurs à la chambre. Il se passait des choses dans la cité, des évènements sûrement liés à ce que vivait Naashi. Le retour de May, rajouté à celui de sa sœur, l’avait déstabilisé. Et maintenant qu’elle réalisait que ce trouble se trouvait être en plus général, une sourde angoisse se mêla à sa perte de repère. Pourtant son esprit ne pouvait analyser réellement l’agitation aux alentours. Tout était comme bloqué dans sa tête.

La douleur au ventre s’estompa lentement et, même si ses lèvres tremblaient encore, un léger soupir lui échappa à cette constatation. Une légère traction dans ses cheveux lui fit soudain ouvrir les yeux quand May se redressa. Une sorte d’exaspération ornait le visage aux traits fins.

Quelquefois la perception du temps change. Les minutes peuvent sembler s’égrener parfois plus rapidement, parfois plus lentement. May avait soudain eut des gestes plus rapides, peut-être pour ne pas laisser à sa prisonnière de répit ou le temps de se dégager. Balançant son genou, elle tenta de percuter la mâchoire de Naashi.

Pourtant l’adolescente remarqua une légère différence dans la poigne serrant ses longues mèches noires. Ce fut léger, mais suffisant pour qu’elle réagisse. Dans un sursaut, elle renversa sa tête en arrière pour se dégager, esquivant de peu le coup. Puis, parce que May ne l’avait pas lâché, Naashi attrapa la jambe relevée et la bascula en arrière. Les deux femmes tombèrent au sol l’une sur l’autre. Dans cette position, Naashi eut un meilleur accès à la main dans ses cheveux, qui avait glissé sur la droite et elle mordit fort dans le poignet au niveau des veines. De son autre main dégagée, l’argentée voulut la faire lâcher prise en lui poussant le visage. Toutefois, l’adolescente tenait bon et commençait même à frotter ses dents contre la peau pour la déchirer. Et ses mains ne restaient pas inactives non plus, puisqu’elle cherchait autour d’elle quelque chose pour l’aider. Accrochant un débris d’une statuette, elle l’attrapa rapidement et frappa du plus fort qu’elle put contre la tempe de May. Projetée sur la gauche, cette dernière finit enfin par relâcher la pression sur les cheveux noirs, ce qui permit à Naashi de se dégager et de reculer pour mettre de l’espace entre elles.

« Sale garce ! » Pesta May en se relevant.

Son poignet était en sang, ainsi que sa tempe, même si elle n’en souffrait visiblement pas du tout. Elle passa un doigt dans ses cheveux poisseux d’hémoglobine, puis observa d’un air écœuré la couleur carmine qui contrastait avec sa peau si blanche.

Assise sur le sol, Naashi ne prit pas la peine de répondre à cette exclamation. Sa gorge était sèche et elle dut cracher avec dégoût un peu de sang lui étant resté dans la bouche. Elle respirait fortement et, les yeux rivés sur son adversaire, elle continuait de reculer au milieu des débris. Les cheveux arrachés ainsi que les coups reçus dans l’altercation lui laissaient un restant de douleur mais qui s’estompait petit à petit. La jeune fille avait surtout du mal à croire que la situation actuelle était réelle. Avec horreur, elle vit l’argentée abandonner l’analyse de son poignet pour se tourner vers elle à nouveau.

« Tu comptes aller où comme ça toi ? » Grogna May en ramassant son katana.

Comme seule réponse, un hochet d’inquiétude divulgua l’appréhension de l’étudiante. Elle recula encore un peu et sa main droite se cogna dans un objet.

« J’en ai marre de ce petit jeu finalement… »

Et May se rua en criant sur Naashi qui écarquilla les yeux sous la stupéfaction. Ses doigts attrapèrent rapidement le katana qu’elle venait de remarquer à ses côtés et tira dessus, pour ensuite l’empoigner à deux mains et faire barrage à la lame que l’ennemie brandissait. Le bruit métallique de deux lames s’entrechoquant se répercuta dans la pièce.

Pour pouvoir se relever, l’adolescente rejeta en arrière l’arme ennemie, et put ainsi se remettre au moins sur ses pieds. Assise par terre, elle n’aurait même pas pu se défendre correctement. Cependant, peu habituée au maniement d’un katana et peu sûre de ses mouvements, la seule chose que Naashi pouvait faire était de placer son propre katana sur les trajectoires de celui de May. Ainsi, elle réussit à parer quelques attaques avant qu’une violente douleur ne se manifeste au niveau de son épaule gauche. Ebranlée, elle posa immédiatement sa main droite sur la plaie, en faisant quelques pas en arrière. Du sang s’écoula sur ses doigts ainsi que sur la poignet du katana qu’elle tenait dans cette main.

Pleine de colère, l’argentée ne laissa pas de répit à la jeune fille et fonça tout de suite à nouveau sur elle. Prise par surprise, cette dernière n’eut que le réflexe de se coller au mur, alors que la lame lui taillada le débardeur au niveau du ventre. Assez proche, May la frappa au visage avec la poignet de son arme, ce qui propulsa brutalement Naashi contre l’énorme armoire à sa gauche. Sonnée, elle glissa par terre.

Sa tête dodelinait, mais l’adolescente était encore consciente. Cela se remarquait à ses yeux qui cherchaient un repère dans le brouillard qu’avait laissé le choc. Cette vision de son adversaire à sa merci fit sourire May qui se décida à savourer ce petit moment de victoire. La saisissant par le col, elle la traîna vers la porte-fenêtre du balcon encore entière et la jeta au travers. Naashi roula au milieu des morceaux de verre et se cogna lourdement le dos contre la rambarde extérieur. Des coupures apparurent sur ses habits, sur ses bras et sur son visage. Sa vue était brouillée et si elle tenta de se mettre à quatre pattes, c’était plus par automatisme que par conscience. D’ailleurs, épuisée, anéantie par tant de brutalité, elle s’écroula à nouveau au sol. Sa respiration avait pris un rythme plus calme, comme si elle avait enfin le droit de respirer de manière naturelle maintenant qu’elle gisait à demi consciente sur le balcon.

L’argentée ne se pressait plus maintenant que sa proie était aussi brisée. Elle l’observait avec amusement, étrangement en retrait. Puis elle s’approcha et s’accroupit devant elle pour lui attraper le visage. Son regard plongea dans celui légèrement trouble de l’étudiante.

« Encore avec moi ? »

Soudain, un léger bruit attira son attention et la femme vit avec plaisir la porte de la salle s’ouvrir sur Naadir. En raison du vacarme, la gamine avait désobéi dans un élan de peur pour sa grande sœur. Les doigts enserrant la mâchoire de Naashi forcèrent ses yeux à voir la nouvelle venue dans le jeu.

« La vie est cruelle même avec les enfants… » Murmura t-elle.

Puis, May la lâcha et se dirigea vers la fillette. Naadir n’avait pas vu que les deux femmes étaient sur le balcon et cherchait encore dans la pièce. Pour s’amuser, l’argentée se plaça entre la gamine et la porte de la salle de bain, porte qu’elle fit claquer pour l’effrayer. Les yeux dilatés, le visage blême, Naadir ne comprit pas tout de suite pourquoi c’était la méchante femme qui était là et non sa sœur. Le bras tendu, l’argentée lui montra le balcon.

« NAASHI ! »

Elle voulut courir vers sa sœur, mais May lui barra le passage. Un cri se répercuta dans la pièce quand la fillette vit que l’argentée tenta de la frapper avec son grand couteau. Elle courut se réfugier dans un coin de la pièce, apeurée et perdue. Doucement, l’ennemie s’approcha de cette future victime si facilement à sa portée.

« NAASHI ! ME LAISSE PAS ! »

La lame du katana était maintenant brandie juste au-dessus de l’enfant.

« Naashi… »

Les yeux de May luirent un instant d’une lueur démente et la lame fendit l’air. Naadir ferma les yeux et se protégea inutilement avec ses petits bras. Pourtant le katana ne la frappa pas et, étonnée, la fillette ouvrit les yeux. La femme s’était figée dans son élan, les yeux écarquillés, un morceau de verre enfoncé dans le ventre. Puis, le verre fut retiré d’un coup du corps qu’il venait de transpercé et un flot de sang s’échappa de la plaie béante. Médusée, May baissa son bras et se tourna. Naadir put voir alors que le verre avait été inséré dans son dos.

« Que… » Fut le seul mot que prononça la femme blessée.

Devant elle se trouvait en effet Naashi, sa main droite serrait à s’en couper le morceau de verre qui n’était autre qu’un éclat de la vitre brisée de la porte-fenêtre. Elle-même ne savait pas ce qu’il venait de se passer exactement. La jeune fille assimilait juste le fait d’avoir eut comme une décharge en entendant sa sœur hurler.

Quelque chose de sombre s’était répandu abondamment dans ses veines, un sentiment de haine à un point inimaginable. Et cette haine, entièrement tournée contre May, avait oblitéré toutes ses douleurs. L’esprit tourné vers un seul objectif, vers le seul désir d’en finir avec cet être qui menaçait la vie de sa chère sœur, elle s’était relevée en attrapant ce long fragment de vitre. Elle ne ressentait plus rien que cette rancune, cette colère qui pourtant n’avait pas encore explosée. La pensée confuse qu’elle devait se calmer traversa l’esprit de Naashi, mais elle n’en prit pas garde. Ou peut-être… N’avait-elle pas la volonté ou l’envie de freiner cette pulsion ?

Un sourire froid s’afficha sur son visage. Puis elle n’attendit pas plus pour foncer sur son ennemie et la renverser par terre. Assise sur son bas-ventre, elle se mit à taillader avec force la poitrine de l’argentée qui commençait enfin à se débattre. Mais cela ne freina pas Naashi. Le verre lacéra avec force la peau à certains endroits, s’enfoncer soudain à d’autres, créant coupures et plaies béantes. Le bras continuait de s’abattre sans cesse, montant vers le visage, perforant le cou par endroit.

« CREVE ! CREVE ! CREVE ! »

Du sang giclait plus ou moins selon les endroits où la lame improvisée s’enfonçait. Naashi ne semblait plus vouloir s’arrêter, ne remarquant même pas que May avait le regard fixe et que sa respiration avait cessé. Les larmes inondaient les joues poisseuses de sang de l’adolescente. Au bout de quelques instants cependant, ses gestes se firent plus espacés, plus lents aussi. Son regard se porta sur la fillette recroquevillée.

« Je t’avais dit de rester dans la salle de bain… JE T’AVAIS DIT DE RESTER DANS LA SALLE DE BAIN !!! JE TE L’AVAIS ORDONNE !!! POURQUOI TU N’AS PAS ECOUTE ??? POURQ… »



Alors que sa colère semblait à nouveau sur le point d’éclater, la vision de cette enfant, effrayée, tremblante, recluse dans cet angle de la chambre, la bloqua soudain.

Un froid la paralysa. Les yeux écarquillés, stupéfaite par sa propre réaction, Naashi baissa son regard et observa longuement le morceau de verre que sa main pressait encore compulsivement. La peau était rouge, complètement tâchée de sang. Elle écarta ses doigts pour lâcher le fragment de vitre. Une longue entaille lui restait sur la paume et ses doigts, à part le pouce, présentaient aussi des coupures là où l’arme fortuite avait été tenue. Troublée, l’adolescente passa sa main sur son front, remarquant alors que la même crasse y alourdissait ses cheveux par endroits.

*Qu’est ce que ?*

Elle posa à nouveau son regard sur Naadir.

« Je… »

Sa voix tremblotait et elle se ressaisit un peu en avalant une grande bouffée d’air frais.

« Tu n’as rien ? »

Aucun mot ne sortit de la gorge de la gamine, mais elle commença à pleurer en regardant le cadavre de May. Tout de suite, Naashi se leva et fit barrage à cette vue morbide, se mettant à genoux devant sa sœur qu’elle prit dans ses bras.

« Non ne pleure pas… Je ne voulais pas crier. J’ai eu peur c’est tout. Je n’aime pas quand tu pleures pitchoune tu le sais… »

L’adolescente prit la fillette dans ses bras et la berça doucement. Quelques sanglots étouffés se firent encore entendre, alors que les doigts de Naadir se mirent à serrer très fort le débardeur de son aînée.

« Chut… Chut… C’est fini.. »

Un reniflement lui répondit tout d’abord, puis la voix affolée de la petite fille murmura quelques mots. Si bas que l’étudiante dut se pencher plus en avant pour l’entendre.

« Veux rentrer à la maison… »

*A la maison…*

« Veux voir maman et papa… »

*Oh ! Non ! On ne peut pas ! Pardon ! Mais c’est impossible ! Pas tant que je ne suis pas sûre que tu restes ! Ca leur briserait le cœur !*

Les lèvres pincées pour ne pas hurler son désarroi, Naashi ferma les yeux en continuant de passer ses mains dans les cheveux de sa protégée. Et son cœur à elle ? Tiendrait-il si Naadir disparaissait à nouveau dans le néant ? Une larme coula sur sa joue. Ce qu’elle voulait juste c’était ne pas s’attacher à ce semblant de bonheur. Perdre encore une fois cette enfant était sûrement ce qui allait arriver. Mais c’est dans le piège de l’amour fraternel qu’elle venait de tomber malgré ses précautions. Et maintenant qu’elle sentait son cœur et sa raison s’abandonner à cette étreinte, la jeune fille mesurait combien elle avait de la chance de pouvoir la serrer encore dans ses bras. Une chance à double tranchant ! Si, comme elle redoute, cette situation n’est qu’une chimère temporaire malgré sa réalité, la tristesse sera à nouveau au bout du chemin. C’est pour cela qu’elle ne voulait pas donner la même chance à ses parents. A quoi bon leur dévoiler leur fille perdue si cette dernière disparaît ensuite finalement encore ?

« Essaie de dormir. On va allait dans un endroit où tu ne risqueras rien… »

Effectivement, bercée par les câlins et le balancement de Naashi, la fillette somnolait déjà. La regarde de la jeune femme s’attarda sur la pièce dévastée. Ses bras passèrent sous les jambes de la gamine et elle se releva en la portant contre son cœur. Immédiatement deux bras enserrèrent son cou, ce qui la fit sourire et soupirer en même temps.

Sa sœur dans ses bras, l’étudiante se hâta vers l’armoire. Fébrile, tremblante et nerveuse, elle jeta hors du meuble les affaires non désirées. Puis elle remarqua que son foulard vert était bien visible pourtant et pesta contre elle-même. Rapidement, avec un peu de mal, vu que l’une de ses mains n’était pas libre, elle mit le vêtement sur ses épaules et en recouvrit comme elle put sa cadette. Puis, elle attrapa ses katanas et les accrocha dans son dos. Il valait mieux ne pas sortir sans arme.

Naashi allait juste se détourner quand son regard accrocha deux détails. Stressée, elle attrapa son sac dans un état de nervosité singulier. Elle y fourra le verre offert par Wolfer et la boite à musique, cadeau de Felicia. Puis elle quitta la pièce en claquant la porte et en fermant à clé, geste mécanique un peu inutile vu l’état de la pièce et la situation actuelle.

Si l’adolescente dévala les escaliers pour partir au plus vite, elle se stoppa cependant sur le seuil de l’hôtel. L’atmosphère était chargée, le ciel trop sombre et un vent froid soufflait. Son regard circula sur la place devant le bâtiment et observa les gens. La panique avait gagné chacun, des cris s’élevaient, des gens fuyaient ceux qui ne devaient pas se trouver parmi les vivants. Sa prise sur le petit corps se resserra en voyant un homme tétanisé et accolé contre un mur supplier une femme de disparaître « à nouveau. »

Ses yeux voyageaient sur les passants et un frisson la parcourut lorsqu’elle se rendit compte que certains étaient peut être dans la situation de sa sœur. Rien ne permettait de les distinguer. Naashi se sentit dépassée par tout cela.

La tête posée contre sa poitrine se releva et sa sœur lança des regards effrayés autour d’elle, sûrement en raison des clameurs plus ou moins proches aux alentours. Ses yeux croisèrent ceux de l’étudiante qui lui adressa un sourire. Puis, d’une main apaisante, elle recoucha la petite et la recouvrit du foulard pour dissimuler à sa vue les éléments effrayants.

L’attention reportée sur la situation, Naashi hésita sur la conduite à tenir. Elle n’avait pas pensé à sa destination lorsqu’elle avait quitté sur un coup de tête la chambre. Où pouvait-elle aller ? Sur qui comptait ?

Respirant une bouffée d’air froid, elle se mit doucement à avancer, sans réel but. Attentive aux dangers alentours, elle passa nerveusement une main dans son dos pour s’assurer de la présence de ses armes qu’elle sentait pourtant déjà dans son dos. Un cri s’éleva dans une rue adjacente et la petite main de Naadir serra soudain son débardeur. Ses pas s’accélérèrent pour quitter au plus vite la ruelle trop sombre dans laquelle elle venait de s’engouffrer sans réellement s’en apercevoir.

Le dédale des rues fit soudain place à l’immensité du désert et la jeune fille se stoppa lorsqu’elle s’en rendit compte. Troublée, elle observa les environs. Elle avait atteint les limites de la ville. Un calme sommaire y régner, car moins de bruit parvenait à ses oreilles. L’adolescente ne savait que faire maintenant qu’elle venait d’arriver ici. En se tournant, elle put voir au loin le complexe sportif, toutes lumières allumées tranchant sur la noirceur des basses ruelles de l’endroit où elle se trouvait.

Imperceptiblement quelque chose bougea dans l’ombre d’une ruelle voisine et le regard de Naashi se dirigea immédiatement vers l’endroit. Aucun autre bruit ne lui parvint, mais elle resta braquée dessus quelques minutes, angoissée. Puis, sur une impulsion, elle se détourna et commença à s’enfoncer dans le désert, en direction de Mos Eisley.


HRP : Il m’en a fallu du temps pour ce rp -_- J’ai refait je ne sais pas combien de fois certaines parties. Enfin… Je continuerais au Palais…

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Dim 2 Mar - 19:52 (2008)
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Message Chambre 26 (Interdite aux garçons !) Répondre en citant
Suite ici : Devant le Palais

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Sam 13 Sep - 21:17 (2008)
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Message Chambre 26 (Interdite aux garçons !)

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